« Téléphone au lycée : comment transformer une interdiction en éducation ? » The Conversation

À partir du 1er septembre, téléphones portables et objets connectés seront interdits au lycée, y compris pendant les récréations.

Cet article interroge l’interdiction de cet objet omniprésent dans la vie des jeunes en rappelant que se focaliser sur les seuls dangers ne peut suffire à une véritable éducation numérique. En effet, pour l’auteure Anne Cordier, mettre hors de portée un téléphone n’apprend pas à s’en servir. Ainsi selon elle, en ne portant attention qu’aux impacts négatifs des pratiques numériques, on passe à côté des différentes activités qu’ont les jeunes via leur smartphone. Certes, eux-mêmes reconnaissent les difficultés qu’ils rencontrent dans leurs usages mais ils expriment également comment cet objet leur permet d’accéder à des ressources culturelles, sociale et informationnelles. Ainsi l’éducation aux médias doit pouvoir alerter sur les dangers, mais également remettre en avant le plaisir de s’informer.

En effet, si les réseaux sociaux présentent des risques réels, l'Anses rappelle que le temps d'écran importe moins que les pratiques et le contexte : le smartphone amplifie des vulnérabilités sans en être la cause première. Par ailleurs, l'usage étant conçu pour maximiser l'engagement, la responsabilité ne peut reposer sur les seuls adolescents : une régulation des plateformes reste nécessaire.

L’article met par ailleurs en avant le fait que les établissements scolaires devraient profiter de la mise en œuvre de la réforme pour construire une véritable culture de la connexion et de la déconnexion avec les lycéens. En effet, une partie des jeunes eux-mêmes déclarant un besoin de régulation, il serait intéressant de commencer l’éducation au numérique, non pas avec une injonction à se connecter ou à se déconnecter mais en développant et en renforçant chez les adolescents la capacité à choisir sa connexion. Une piste intéressante serait d’ouvrir un espace de discussion avec les jeunes afin qu’ils puissent prendre part collectivement à la construction d’une règle qui les concerne en premier lieu. L’occasion peut ainsi leur être donnée d’interroger leurs pratiques et leurs besoins et de les questionner.

Enfin, l’auteur rappelle que de fortes inégalités persistent dans l’accès aux ressources permettant de comprendre les environnements numériques et de diversifier ses pratiques. L’école a un rôle à jouer en accompagnant les plus vulnérables dans leurs usages pour que le smartphone devienne un outil d’émancipation.

Question

Une demande d’informations sur nos actions ou nos formations, nous sommes à votre disposition

Nous contacter