Protéger la population des risques de l’alcool – La Santé en action n°473

La consommation d’alcool reste un problème majeur en France, responsable de 41 000 décès annuels (cancers, maladies cardiovasculaires, digestives) et associée à des troubles psychiques (dépression, démences précoces) ainsi qu’à des violences. Malgré une baisse globale de la consommation, notamment chez les jeunes grâce à une vigilance accrue des parents, les niveaux restent élevés, ancrés dans la culture française. On note une hausse des comportements à risque chez les femmes, en particulier les diplômées. Des déterminants multiples sont à l’œuvre : inégalités de genre, facteurs socio-économiques, milieu professionnel, traumas de l’enfance, etc. Les stratégies marketing agressives de la filière alcool (packaging attractif, disponibilité des produits) et leur lobbying contre les politiques publiques de restriction jouent aussi leur part.

Après cet état des lieux préoccupant, ce nouveau numéro de La Santé en action met en lumière des interventions pour protéger les jeunes de l'alcool, comme des programmes de développement des compétences psychosociales dès la maternelle. Le repérage dès les premières admissions aux urgences pour ivresse, mais aussi par les médecins généralistes, permettrait une prise en charge précoce pour prévenir la répétition des usages et conduites à risque. Enfin, le monde judiciaire devrait être sensibilisé aux conséquences de l'alcoolisation foetale, car ses victimes ont un risque accru d'être impliquées dans le système judiciaire, comme victimes ou auteurs d'infractions. Les campagnes de prévention sont efficaces pour changer les comportements, lorsqu'elles associent des messages sur les risques à long terme, des repères de consommation clairs et des solutions concrètes pour aider les personnes. Ces campagnes devraient être davantage soutenues par les pouvoirs publics.

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