Auteurs : Bernard Basset, Patrick Daime, Alain Rigaud, Myriam Savy. 44 p.
Ce manifeste revient sur le concept de la réduction des risques et des dommages.
Née dans les années 1980 face à l’épidémie de VIH, la Réduction des Risques (RdR) a marqué un tournant en addictologie. Plutôt que d’exiger l’abstinence, les acteurs de terrain ont choisi le pragmatisme : sécuriser les usages pour éviter les contaminations et les overdoses. La loi de 2004 a consacré cette approche, centrée sur les risques immédiats liés aux stupéfiants.
En 2016, le cadre s’élargit avec la notion de Réduction des Risques et des Dommages (RdRD), intégrant l’ensemble des conduites addictives, qu’elles concernent des produits licites ou illicites. Cette évolution est majeure : elle dépasse l’opposition légal/illégal, reconnaît l’usager comme acteur et ne fait plus de l’abstinence l’unique horizon.
Mais cette extension crée aussi un flou. Réduire un risque immédiat (éviter une overdose) n’est pas la même chose que réduire des dommages à long terme (cancers liés à l’alcool ou au tabac). Sous l’étiquette positive de la RdRD, des objectifs très différents peuvent coexister — et parfois être instrumentalisés par des acteurs économiques.
Le véritable enjeu est donc de préserver la clarté des objectifs, l’ancrage scientifique et l’exigence éthique de cette politique. Car la Réduction des Risques et des Dommages reste une avancée majeure — à condition de ne pas en diluer le sens.
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