« Faut-il en finir avec les incitations à mieux gérer nos déchets ? Le problème posé par les sciences comportementales », The Conversation

Cet article traite de comment les politiques publiques tendent à utiliser les sciences comportementales dans un objectif de réduction des déchets, en déplaçant la responsabilité d’un problème systémique vers les individus. Il insiste particulièrement sur le fait que le recours aux sciences comportementales tend à occulter les déterminants structurels de la gestion des déchets et à accompagner un désengagement progressif des politiques publiques.

En mettant l’accent sur les gestes individuels (mieux trier, réduire ses déchets, adopter les « bons comportements »…), les pouvoirs publics donnent à voir le problème comme essentiellement comportemental, alors qu’il dépend largement de facteurs sur lesquels les citoyens ont peu de prise : organisation et fréquence de la collecte, accessibilité des points de tri, choix techniques des collectivités, mais aussi décisions industrielles en matière d’emballages et de mise sur le marché des produits. Cette focalisation permet de déplacer la responsabilité de l’action publique vers les individus, tout en justifiant une intervention limitée de l’État et des collectivités sur les causes profondes de la production de déchets.

Les politiques comportementales apparaissent ainsi comme une solution peu coûteuse politiquement et financièrement, mais qui risque de masquer l’insuffisance des investissements, de la régulation et de la contrainte imposée aux acteurs économiques. L’autrice montre que ce cadrage contribue à dépolitiser la question des déchets : au lieu d’être traitée comme un enjeu collectif nécessitant des choix structurels forts, elle est réduite à une somme de comportements individuels à corriger, ce qui affaiblit la portée et la responsabilité des politiques publiques.

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