Réforme structurelle de l’organisation de la santé en France : Où sont la prévention et la promotion de la santé ?

Communiqué de notre Fédération le 9 février 2026

Les annonces du Premier Ministre sur le devenir du système de santé et des Agences Régionales de Santé (ARS), suivies de plusieurs prises de position de la ministre de la Santé, ont suscité un important mouvement de protestation chez nombre d’acteurs du système de santé.

Ce mouvement concernait aussi bien la méthode que les conséquences de la « réforme structurelle » présentée dans le discours déroulé par le Premier Ministre devant les Présidents de Conseils Départementaux le 14 novembre 2025 à Albi.

Cette « réforme structurelle » prévoit une nouvelle répartition des missions d’organisation territoriale des secteurs du soin et du médicosocial, entre les Agences régionales de santé, les Conseils Départementaux, les Préfectures et les Caisses primaires d’assurance maladie. L’absence persistante de la promotion de la santé et de la prévention dans les schémas de redistribution envisagés apparaît choquante, incompréhensible et en totale déconnexion avec les données produites par la recherche en santé publique.

Choquante, au regard de la montée des inégalités sociales de santé, qui se traduit par des indicateurs de mortalité et de morbidité en constante aggravation dans notre pays, alors que toutes les données probantes disponibles confirment la place centrale des démarches de promotion de la santé et de l’accès à la prévention dans l’amélioration de ces indicateurs.

Incompréhensible, au regard du rapport 2026 « Charges et Produits » de la Caisse nationale d’assurance maladie rappelant que « Rien ne sera possible [pour la « soutenabilité de notre système d’assurance publique universelle auquel nos concitoyens sont si attachés »] sans une mobilisation massive en faveur de la prévention, qui doit être la grande cause de la décennie, avec la mobilisation de l’ensemble des
acteurs ».

Incompréhensible, aussi, au regard du rapport du Haut Conseil de la santé publique d’août 2025, insistant sur « l’urgence d’agir en prévention primordiale », « très en amont, sur l’environnement social, économique, urbain et écologique façonné par les politiques sectorielles non sanitaires » - une excellente définition de la
promotion de la santé, dont les leviers d’intervention les plus efficaces sont encore très largement méconnus,en particulier par les porteurs de ces politiques non sanitaires.

Il est entendable que « le pouvoir doive circuler dans le pays », comme l’affirme le Premier Ministre. Mais en circulant, il ne doit laisser de côté aucune composante fondamentale du système de santé, faute de quoi ce dernier verra sa situation, déjà préoccupante, se dégrader encore, au risque de plonger progressivement des pans entiers de la population dans une précarité sanitaire sans précédent. La promotion de la santé et la prévention sont des rouages essentiels d’une organisation de la santé performante et efficace. Les effacer du projet de réforme en cours serait injustifiable dans un pays membre de l’Organisation mondiale de la santé, avec laquelle il partage, au plus haut niveau de l’Etat, « la vision commune d’une vie en bonne santé et du bien-être pour tous à tout âge », qui inclut « la promotion de la santé et la protection de l’environnement ».
« Dans le mouvement de décentralisation de 2003, tout n’était pas forcément bien boutiqué au début, ce qui n’est pas grave, mais cela n’a pas été corrigé », a rappelé le Premier Ministre le 14 novembre dernier.

En replaçant la prévention et la promotion de la santé au cœur de la réforme structurelle envisagée, il est encore possible de « corriger » une erreur fondamentale. Ne passons pas à côté de cette opportunité de mieux faire, dans un cadre démocratique, en plaçant la santé de la population au centre des décisions politiques.

Fédération Promotion Santé

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